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Abdou Diouf:

Un militant de la Francophonie

à Clermont-Ferrand


Remise du titre de Docteur honoris causa à l'Université d'Auvergne. De gauche à droite sur la photo: Philippe Dulbecco, Abdou Diouf, Gérard Besson, Mary-Françoise Renard

 

     Le vendredi 27 janvier 2012, Philippe Dulbecco, président de l’Université d’Auvergne, accompagné de Mr Gérard Besson, Recteur de l’Académie de Clermont-Ferrand et de Mme la Doyenne Mary-Françoise Renard, remettait le titre de docteur honoris causa à Son Excellence Abdou Diouf, Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

     Une importante délégation de l’Alliance française de Clermont-Ferrand (12 personnes) assistait à la cérémonie. C’est Mr Abdou Diouf lui-même qui avait souhaité la présence de membres de notre association.

     Au cours du buffet qui suivit la remise du titre, Mr Abdou Diouf rejoignit tout naturellement notre groupe de l’Alliance et consacra un long moment à converser amicalement et sans façon avec nous.


Discussion animée entre Abdou Diouf et le général Faure sous le regard de Jean-Louis Baffeleuf et de Danièle Auserve (tous trois membres du Conseil d'administration de l'Alliance française de Clermont.)

     
    
Nous avons retenu de cet après-midi, à marquer d’une pierre blanche dans la vie de l’association, cette partie de l’allocution du Secrétaire général de l’OIF, superbe plaidoyer en faveur de la francophonie, où il rend compte, faisant appel à sa longue expérience, des résultats de son engagement francophone.

Vous lirez cet extrait ci-après :

      « … (Au niveau mondial), nous savons désormais que les problèmes de quelques-uns sont devenus les problèmes de tous, que les solutions ne peuvent résulter que des engagements de tous. Nous avons la chance historique de pouvoir passer d’une communauté internationale sans conscience, à la conscience d’une communauté internationale de destin. Et c’est dans cette conscience encore balbutiante que se fait jour, un des changements du monde avec l’émergence de nouveaux équilibres entre puissances déclinantes et puissances émergentes, de nouvelles alliances, de nouveaux réseaux d’acteurs, qui ne valent que si nous sommes déterminés à les mettre au service d’une gouvernance mondiale plus démocratique, plus équitable, plus pacifique et résolument solidaire. Là est le véritable défi (….)

     C’est bien dans cet état d’esprit et à la réalisation de cet objectif que travaille la francophonie depuis plus de quarante ans grâce à ses fondateurs inspirés : Léopold Sédar Senghor, Habib Bourguiba, Hamani Diori, Norodom Sihanouk qui, prenant un formidable pari sur l’avenir, choisirent par anticipation, de relever un défi qui ne se posait pas encore : celui de la rencontre, du dialogue, de la coopération entre des cultures, unies par leur diversité et égales en dignité. Celui d’une langue en partage : le français, devenu tout à la fois instrument d’action et vecteur d’une certaine vision du monde.

     Et c’est bien cette vision du monde : de valeurs partagées, de liberté, de démocratie, de prospérité et d’équité qui nous ont permis, non pas tant de résister aux grands soubresauts de l’histoire, que de nous transformer pour mieux les accompagner tout au long de ces années, mieux peut-être que si nos soixante-quinze Etats et gouvernements membres s’étaient fédérés au nom d’objectifs essentiellement économiques et monétaires ou de la seule proximité géographique.

     C’est ce qui a permis de prendre une part active dans la vague de démocratisation des années 90, de servir notre Afrique sans à priori, sans préjugé, dans un esprit d’équipe et de dialogue constant.

     C’est ce qui nous a permis de prendre une part active dans la prévention et la résorption des conflits qui se sont multipliés au sein même des nations durant toute cette période comme dans la consolidation de la paix.

     C’est ce qui nous a permis de contribuer à l’accroissement de l’efficacité des systèmes éducatifs dans nos pays membres les plus démunis, tant en français que dans les langues locales.

     C’est ce qui nous a permis d’aller de l’avant, longtemps avant que la banque mondiale veuille bien reconnaître le caractère essentiel de l’enseignement supérieur pour le développement, d’engager des partenariats entre les universités et les centres de recherche dans et hors l’espace francophone….

     C’est ce qui nous a permis de contribuer à l’élaboration par les pays du sud de stratégies nationales de développement durable tout en les aidant à renforcer leurs capacités à défendre leurs intérêts dans les négociations multilatérales commerciales et environnementales.

     C’est ce qui nous a permis de tisser des liens spontanés de coopération entre les parlementaires, les universitaires, les maires, les réseaux professionnels, les organisations non gouvernementales, de parler au monde en français grâce à TV5 Monde.

     C’est ce qui nous a conduits enfin à prendre une part décisive dans l’élaboration et l’adoption à l’UNESCO, de la convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

     Ce fut pour nous une nécessaire évidence parce que cette protection et cette promotion de la diversité culturelle, depuis quarante ans, nous la vivons au quotidien pour le plus grand enrichissement de tous les pays francophones. Parce que cette diversité culturelle n’est pas seulement pour nous constitutive du patrimoine de l’humanité. Elle est aussi et surtout gage de développement, de paix et de démocratisation des relations internationales.

     Et c’est bien ainsi qu’il faut interpréter notre engagement militant en faveur de la langue française, du respect de son peuple, de langue officielle de travail à l’ONU, à l’Union européenne ou dans le mouvement olympique.

     C’est bien ainsi qu’il faut interpréter nos efforts :
     - pour que la langue française reste enseignée sur les cinq continents avec le concours déterminant, notamment des Alliances françaises et de la Fédération internationale des professeurs de français
     - pour que la langue française, à l’instar des autres langues, reste langue de la diplomatie, du commerce, de la création, de la recherche, de la science, de la société de l’information et de l’innovation ; parce que nous sommes convaincus, comme le disait Jean-Jacques Rousseau, que « les têtes se forment sur les langages, les pensées prennent la teinte des idiomes, l’esprit, dans chaque langue, a sa forme particulière. »

     C’est bien ainsi qu’il faut interpréter les actions que nous menons en coopération avec nos organisations sœurs : hispanophone, lusophone, arabophone ou anglophone. La gestion de la diversité des cultures est un des grands défis de ce XXIème siècle. Vouloir annihiler cette diversité serait prendre le risque de faire le lit du relativisme culturel et d’anéantir plus de soixante années de combats acharnés pour que se diffusent et s’universalisent les droits de l’homme.

     Ce serait prendre le risque de dresser les hommes les uns contre les autres au nom de leurs différences, à un moment où ils ont, plus que jamais besoin de regarder ensemble dans la même direction et de construire ensemble leur avenir commun. L’heure est venue donc de nous engager en toute conscience et en toute responsabilité… »


Pour en savoir plus:

A propos d'Abdou Diouf:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdou_Diouf

A propos de l'OIF:

http://www.francophonie.org/

 

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