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Meillard 14 mai 2017

 
 
 

Compagnon de Jean Moulin, secrétaire du Conseil national 
de la Résistance, Robert CHAMBEYRON nous a quittés au dernier jour de 2014.

Au printemps 2013, il s'exprimait dans un entretien réalisé par Grégory MARIN pour le journal L'HUMANITÉ et publié dans l'édition du Lundi 27 Mai 2013. L'ancien résistant s'exprimait à propos du CNR dont il a été l'une des pierres angulaires aux côtés de Jean Moulin, de Pierre Villon...

Nous célébrons le 70e anniversaire de la première réunion du Conseil national de la Résistance. Que retenez-vous principalement de cet événement ?

Robert Chambeiron : Le CNR fut le point de rassemblement 
de tous les Français patriotes, qui se retrouvaient dans les valeurs permanentes de la République – la liberté, 
la justice sociale, la solidarité, le rejet de l'intolérance – 
et dans le même attachement à la souveraineté du pays.

Les idéaux de la justice sociale, d'égalité et de liberté 
qu'il fixait sont-ils atteints ?

Robert Chambeiron : Il y a eu la création de la Sécurité sociale, fondée sur la solidarité de tous. Mais 
la justice sociale va au-delà. Elle a progressé jusqu'au moment de la crise mondiale, ou plutôt des crises 
à répétition – financière, économique, sociale 
– qui ont frappé notre pays, sur fond de démission vis-à-vis de l'Europe libérale.

Quel message adresseriez-vous aux générations futures pour perpétuer ce combat ?

Robert Chambeiron : Aujourd'hui, les valeurs de 
la Résistance sont menacées. On voit resurgir de plus 
en plus de campagnes de dénigrement, l'apologie 
de Vichy, le racisme est quotidien. Cela signifie que les valeurs humanistes ne sont pas acquises pour toujours. Nous devons nous unir, lutter avec fermeté et sans concession contre les résurgences du nazisme et du racisme. Autrement dit, au volontariat que fut le nôtre, 
il y a soixante-dix ans, doit succéder un nouveau volontariat au service des valeurs de la Résistance. 
Une société est en péril lorsque le tissu social se déchire, quand la fracture s'élargit entre « le peu » qui ont trop et le « reste » qui a peu, quand la désespérance frappe une large fraction de la population. Sans justice, sans égalité, sans solidarité, la démocratie devient un mot vide de sens. La remise en cause de ce qu'on appelle les acquis de la Résistance, notamment sur le plan social, constitue un recul historique qui tend à priver de son sens véritable le combat du peuple français pour sa libération.

 
Avec la disparition de Robert, l'ANACR perd un de ses plus valeureux dirigeant et c'est toute l'association qui est endeuillée ; celles et ceux qui avaient eu le bonheur de l'approcher et de partager la richesse de sa réflexion et la vigueur de son engagement ne l'oublieront jamais. Tant de souvenirs partagés gardent sa mémoire vive !

de 1993 de 1994 de 2007
Ce que Robert CHAMBEYRON déclarait à l'occasion du cinquantième anniversaire de la création du CNR en 1993...

Secrétaire général adjoint du CNR, il met en garde : « Un peuple sans mémoire est aussi sans avenir. »

« Le 27 mai prochain sera la date du 50e anniversaire de la séance constitutive du CNR, sous la présidence de Jean Moulin. Ce fut le « confluent de toutes les forces saines de la nation ». L'événement, dit-il, « a marqué un tournant décisif dans la lutte : l'espoir change de camp…

Le CNR, en même temps que l'instrument déterminant de la lutte pour la Libération, va devenir le garant de la souveraineté nationale. (…) Il mènera une réflexion politique en profondeur qui aboutira, en mars 1944, à un programme progressiste, qui n'est pas celui de tel ou tel parti », mais qui reste notamment marqué par le fait que « c'est dans le peuple que la Résistance a trouvé ses combattants les plus résolus ». Il s'agissait bien, ajoute-t-il, « de créer les nouvelles bases d'une société nouvelle ». Avec, au « programme », une véritable démocratie, la participation du peuple à la gestion et à la direction des affaires du pays ; le droit de vote pour les femmes ; la proclamation du droit, pour tous, au travail ; la nationalisation des secteurs industriels et financiers stratégiques, etc. »

Robert Chambeyron conclut : « La « guerre froide » et les déchirements au sein de la Résistance n'ont pas permis que soit appliqué dans sa totalité le programme du CNR (…), mais l'esprit dont il s'inspira conserve toute sa validité. »

D'octobre 1994, l'ANACR de l'ALLIER se souvient aussi de l'ouverture du Congrès national de Vichy sous la présidence de Robert CHAMBEYRON et de ROL-TANGUY... Devant plus de 1800 congressistes réunis au Casino, et avant de passer la parole aux deux secrétaires généraux de l'association, Robert Chambeyron avait rendu hommage aux 80 parlementaires (sur 850) qui, le 10 juillet 1940, refusèrent de voter les pleins pouvoirs à Pétain. Il salua ensuite la mémoire de Vincent Badie, ancien membre de l'Association, qui s'était alors écrié: «Vive la République, quand même!...»

 Les Ami(e)s de la Résistance avaient interviewé Robert Chambeiron sur le CNR...

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